| Présentation

A la croisée entre l’Italie et la Gaule, lieu de défense stratégique pour les souverains successifs du Comté de Nice, lieu chargé d’histoire au patrimoine antique unique, La Turbie fut au cours des siècles l’objet de nombreuses attentions.
  
Hommes politiques, historiens, poètes… ils ont tour à tour façonné l’histoire de la commune ou ont raconté notre pays dans de magnifiques écrits.
  
La Turbie accueillit aussi moult hôtes illustres, certains y sont nés ou y ont vécu, d’autres sont entrés dans l’histoire par leurs faits ou simplement par leur simple passage dans notre village. Découvrez ces noms qui ont fait l’histoire de La Turbie.

| L’Empereur Octave Auguste (63 av. JC – 14 apr. JC)

Caius Octavius, devenu par adoption C. Julius Caesar Octavianus, est né en 63 avant Jésus-Christ à Rome. L’oncle de sa mère, qui n’est autre que César, l’adopte en 45 av. JC et le désigne par testament comme héritier. Après l’assassinat de ce dernier, Octave affirme l’intention de poursuivre l’œuvre de son père adoptif. Cet homme ambitieux et orateur persuasif parviendra à imposer à Rome un pouvoir absolu, en donnant l’illusion de ne rien changer aux institutions en place. Il reçoit le titre de « Princeps senatus » en l’an 28 av. JC., qui fait de lui le chef moral incontesté du Sénat. Il obtient également le titre d’Auguste (réservé aux dieux), et les dignités de Grand Pontife et de Censeur, l’un veillant à la religion, et l’autre aux mœurs et fortunes du peuple romain.
 
Ayant échappé à la mort, à la suite d’une maladie, en -23, il abandonne le Consulat et se fait attribuer la  » puissance tribunicienne « , qui lui confère une inviolabilité sacro-sainte, et fait de lui le représentant du peuple. D’une grande intelligence, Octave change profondément le monde antique, et met en œuvre les réformes économiques, politiques et militaires qui constitueront la base même de l’Empire romain pendant quatre siècles. Il réalise de grands travaux (aqueducs, routes et monuments), et privilégie la vie intellectuelle et artistique. On donne d’ailleurs le nom de siècle d’Auguste à la plus belle période de la littérature latine. C’est en effet durant le règne d’Auguste qu’elle atteindra sa perfection, surtout dans le genre poétique.
 
Après avoir connu l’un des règnes les plus longs, Octave Auguste meurt à Nola, le 14 août 14, succédé par son fils adoptif Tibère, les héritiers qu’il avait choisi ayant tous disparus avant lui. Comme ils le firent pour César, les Romains érigent Auguste en dieu après sa mort.

| Philippe Casimir (1853 – 1939)

Ce Turbiasque de naissance, tout à la fois, historien, écrivain et journaliste fût maire de La Turbie de 1912 à 1925. Une partie de la rue Droite dans le vieux village a d’ailleurs été rebaptisée en son honneur. Casimir était réellement passionné par la région et surtout par son village et le Trophée des Alpes. C’est sur son initiative que débutèrent en 1905, les premières fouilles qui permirent de lancer la restauration du monument. Il fonda d’ailleurs le premier musée du Trophée et du village, dont il était également conservateur.
 
Jules Formigé (architecte en chef des Monuments Historiques) dans la préface qu’il fit pour le livre de Philippe Casimir  » Le Trophée d’Auguste à la Turbie « , dit de ce dernier : « Ce qu’il y a de plus remarquable, d’unique peut-être en M. Philippe Casimir, plus rare encore que sa vaste bibliothèque, que ses énormes dossiers, que ses innombrables fiches entassées jour à jour dans sa belle vie d’étude : il a été l’homme d’une seule idée, qu’il a suivie passionnément, sans jamais faiblir, malgré les difficultés de tous genres, et avec le désintéressement le plus complet, en vrai savant ».
 
Dominique Durandy (voir plus loin) lui rendra également hommage comme suit : « C’est à la fois un père de famille, un capitaine de place, un archéologue avisé, un mutualiste pratiquant, un fouilleur d’archives, un collecteur de légendes et d’histoires oubliées. » Philippe Casimir publia de nombreux ouvrages sur le monument et la région (voir la rubrique Bibliographie).

| Edward Tuck (1842 – 1938)

Universitaire et financier américain richissime, Edward Tuck (ci-contre assis lors de l’inauguration du Trophée et du musée) s’installe à Paris avec son épouse Julia Stell (1850-1928) en 1896. Sous forme des dons en espèces ou en biens immobiliers, ces philanthropes généreux et passionnés pour les belles choses, font profiter la France et les Etats-Unis de leur fortune. Après avoir acheté la propriété de Vermont à Rueil, il acquiert en 1920 le domaine de Bois-Préau puis en fait don aux Musées Nationaux en 1926. Paris lui a rendu hommage en donnant son nom à une avenue du 8ème arrondissement, non loin des Champs-Élysées. Une bibliothèque du New Hampshire porte aussi le nom de ce bienfaiteur.
 
Edward Tuck finança largement les fouilles du Trophée des Alpes. On pense que c’est peut-être parce que son nom de famille est d’origine romaine (d’après Rye’s Norfolk Families). Le musée du Trophée, inauguré le 26 avril 1934, et la rue qui monte vers l’église Saint-Michel portent d’ailleurs le nom de ce généreux donateur.

| Théodore de Banville (1823 – 1891)

Ce poète français, ami de Baudelaire, et qui se passionne très jeune pour la poésie, aimait notre région. En passant à La Turbie, lors d’un séjour à Nice en 1860, il tombe sous le charme d’un laurier géant qui se trouvait sur la place qui porte désormais le nom du poète. Théodore de Banville lui écrira son poème le plus connu : « Au Laurier de La Turbie ». Ce poème rendra le majestueux végétal presque aussi célèbre que le Trophée des Alpes ! Banville publia de nombreux recueils de poésies lyriques, mais il est également l’auteur de pièces de théâtre, de contes, d’essais critiques et d’un Petit Traité de poésie française (1872). 

| Pierre Gioffredo (1629 – 1692)

Né à Nice en 1629, puis ordonné prêtre en 1653, Pierre Gioffredo est l’un des premiers à avoir écrit sur l’histoire de sa ville natale. Une rue lui rend d’ailleurs hommage à Nice. Homme d’église (il sera abbé de Saint-Pons à Nice), historien, écrivain, il est également précepteur du duc Victor-Amédée II de Savoie. Gioffredo est l’un des personnages marquants du 17ème siècle dans la région, du fait de ses talents, mais aussi grâce au rôle politique et intellectuel qu’il sut jouer à Turin. On considère également qu’il est l’un des principaux négociateurs lors de la capitulation de Nice, le 5 avril 1691 (voir l’Histoire de La Turbie). Son œuvre majeure, « L’Histoire des Alpes Maritimes », un volume de 2122 pages (!), reste malheureusement inachevée. Elle ne sera publiée qu’en 1839.
 
C’est Pierre Gioffredo, qui, à la fin du 17ème siècle, restitue le Trophée des Alpes à La Turbie. En effet, en se promenant dans le village, il est intrigué par une inscription en romain,  » TRUMPILINI  » gravée sur une pierre appartenant à un portail à l’intérieur du village, Place Saint-Jean. Il le rapproche immédiatement du nom d’une des tribus citées dans la dédicace originale du Trophée. Le fameux portail porte désormais le nom de celui qui, le premier, a également réalisé une reconstitution du monument tel qu’il devait être à son origine.

| Dominique Durandy (1868 – 1922)

Ce politicien, brillant avocat et écrivain, dont la famille était originaire de Guillaumes, publia un ouvrage intitulé  » Mon Pays » en 1920, dans lequel il parle de la Côte d’Azur et de La Turbie. (photo ci-contre : Durandy & Raymonde Figuiera – 1913 – Coll. Xavier Cottier, auteur du site « Le Lotus d’Eze »). Durandy aimait notre village et s’est intéressé à la restauration du Trophée des Alpes. Une rue du vieux bourg porte d’ailleurs son nom. Homme aux multiples talents, Dominique Durandy fut également ingénieur de la Ville de Nice, directeur du « Petit Niçois » et Conseiller général du canton de Villefranche-sur-Mer où il vécut une bonne partie de son enfance.